Un ami, à Dunkerque, trouve dans son hôtel un numéro de Bio-info, le magazine du mieux vivre", où il est donné quelques idées pour éviter le gaspillage.
Jusque là, tout va bien.
Ce qui se gâte, c'est quand l'auteur explique que l'on peut cultiver les déchets, notamment les tiges de tomates où les peaux de pomme de terre.
Là, c'est grave, car les tiges de tomates et les peaux de pomme de terre sont pleines d'alcaloïdes toxiques, chaconine, solanine, sous forme glycosylée ou non.
Plus exactement, je crois très grave qu'on laisse se propager de tels conseils !
dimanche 9 février 2014
dimanche 26 janvier 2014
Ces gens pensent mal !
Je
lis un article (détestable) sur les « controverses
technologiques », qui traite en réalité de controverses
techniques. Si c'est si mal parti, peut-on espérer que l'auteur
puisse penser bien ? Peut-on espérer qu'une telle sociologie
des sciences puissent avoir un regard un peu fin, quand elle confond
l'aiguille et le pieu ? Guère...
D'ailleurs,
l'article continue dans la même veine, en parlant de création
technologique pour de l'invention d'objet technique.
Réfléchissons :
peut-on même parler de « controverse technique », à
propos du gaz de schiste ou du TGV ? Non, mille fois non, dirait
Louis Pasteur, dont l'esprit à mille lieux au-dessus de l'auteur de
cet article ! Une controverse n'est pas « technique »,
mais elle peut faire intervenir des techniciens. La faute du partitif
est pernicieuse, parce qu'elle fait penser autrement qu'on devrait.
En réalité, parler de controverse technique, c'est déjà
personnaliser la technique, et mal discerner les acteurs... que l'on
voudrait analyser, dans une telle sociologie.
Que
nos nauséeux petits marquis surveillent leurs outils d'analyse,
puisque, n'utilisant pas le calcul (ils en sont le plus souvent
incapables), ils utilisent le langage !
mercredi 1 janvier 2014
Bonne année 2014
Chers Amis
Le monde ne se résume certainement pas à mon petit environnement, 2013 n'a pas été si mal :
-
nous avons continué ces "séminaires de gastronomie moléculaire"
mensuels, commencés il y a 13 ans... et reçu beaucoup de messages
reconnaissants du monde culinaire
- la cuisine note à note s'est développée explosivement, et c'est un mouvement qui s'amplifie
-
nous avons réfléchi (activement) à lutter contre les marchands de peur,
notamment dans le cadre de l'Académie d'agriculture de France
-
nous avons largement expliqué que la science (quantitative) ne se
réduit pas à la technologie ou à la technique, que les "technosciences"
n'existent pas
- nous avons testé des méthodes pédagogiques
adaptées à ce monde moderne où la connexion est possible, et eu
l'occasion de proposer des rénovations de l'enseignement scientifique
- nous avons vu les "Pôles régionaux "science & culture alimentaire" poursuivre leur action socialement utile
- nous avons poursuivi la promotion de l'Etude, de la Connaissance, de la Gourmandise raisonnée
- nous avons cherché plus de Lumière par des blogs, des sites....
-
nous avons poursuivi nos études scientifiques, avec de nombreux
collègues du monde entier, et des étudiants qui avaient envie
d'apprendre (quel bonheur !)
- nous avons poursuivi le développement de la gastronomie moléculaire, dans des pays variés du monde
- nous avons reçu la 20e promotion de l'Institut des Hautes Etudes du Goût
- nous avons poursuivi ces publications mensuelles de la revue Pour la Science, avec de bons échos de lecteurs-amis
Beaucoup de ces actions ont bénéfié de votre aide, de votre soutien, et je vous adresse un grand merci.
Continuons à marcher d'un pas rapide vers plus de Lumière, en 2014 !
Je vous souhaite une EXCELLENTE ANNEE 2014 !
mercredi 18 décembre 2013
Assez de malhonnêteté !
L'industrie alimentaire doit vendre, et les citoyens ne sont pas
naïfs au point de l'ignorer : ils se méfient. La publicité vient
matraquer des messages, mais la presse ajoute sa voix au dialogue, en
dénonçant des pratiques parfois contestables.
Ces temps-ci, les services de marketing ont une nouvelle idée, celle du « clean label » : dans les listes d'ingrédients effectivement employés pour la fabrication des produits alimentaires, ils cherchent à éviter les ingrédients que la réglementation a classés dans la liste des E : E pour « européen ». Il s'agit de ce que l'on nomme les "additifs". Comme il est interdit de ne pas signaler ces produits, certains industriels cherchent à ne pas employer les ingrédients de cette liste.
Et, comme on n'utilise pas ces ingrédients pour le plaisir, mais parce qu'ils ont des fonctions (épaissir, comme le fait la farine dans une sauce ; colorer comme le fait le safran dans une paëlla ; conserver, comme le vinaigre dans les cornichons...), ces industriels cherchent à remplacer les ingrédients en E par des ingrédients « naturels ».
Par exemple, le Centre technique de la conservation des produits agricoles (CTPCA) écrit que « la réduction des additifs est une attente des consommateurs pour des produits plus naturels ». En conséquence, il propose à ses adhérents de « substituer des additifs par des ingrédients naturels à fonctionnalité spécifique », tels l’huile de romarin ou l’extrait de céleri comme conservateurs, des anthocyanes des végétaux comme colorants naturels, des extraits de thé vert comme antioxydants...
C'est pur mensonge ! L'huile de romarin, que l'on extrait du romarin par une étape d'extraction, n'est pas plus naturelle que du dioxyde de soufre, que l'on obtiendrait en brûlant du soufre ramassé sur les flans d'un volcan, par exemple, et le sel, que l'on obtient dans des marais salants ou dans des mines, n'est pas moins ni plus naturel. D'ailleurs, comment mesurerait-on le degré de naturel ?
Et c'est ainsi que l'on en vient à parler, très mensongèrement, de « clean label » ! Par exemple, en février 2012, la revue P***s, qui donne une idée de l'industrie alimentaire, avait un article dont le titre était : « Salon CFIA : le plein de nouveautés clean label. »
Et c'est vrai que de nombreuses industries cherchent à « faire naturel »... notamment afin de communiquer sur ce thème ! Considérons, par exemple, les farines « fonctionnelles » du groupe L***n obtenues par traitement des farines de blé par la chaleur : certes, on obtient ainsi de bonnes capacités de liaison et de texturation, mais on ne me fera pas croire que ces farines sont « naturelles » ! D'ailleurs, le blé est une plante très artificielle, qui a été obtenue après de longs siècles de sélection (artificielle, donc). Et la farine a été obtenue après (1) culture ; (2) récolte ; (3) mouture : naturelle ? Non, au moins trois fois non !
Dans la pratique, que l'on me comprenne bien, je n'ai rien contre ces farines fonctionnelles, ou d'autres produits du même type, mais le remplacement des additifs classiques (amidons chimiquement modifiés, hydrocolloïdes) par ces farines n'est-il pas pure communication ?
Et puis, méfions-nous des solutions « vertes » : je suis heureux de faire état d'un appel à l'aide, hier, par une journaliste dont le plafond puait, parce qu'il avait été peint avec une peinture « verte », à la caséine : dans un endroit un peu humide, les micro-organismes qui se trouvent dans les bonnes conditions de température faisaient pourrir la peinture (je lui ai recommandé de poncer, de traiter à l'eau de Javel, et de repeindre avec une bonne peinture de synthèse... inventée précisément pour éviter ce genre de désagrément).
Des fibres de peau d’orange comme rétenteur et stabilisateur d’eau ? Pourquoi pas. Des fibres isolées du blé ou du lupin pour optimiser la texture de la viande hachée et des saucisses ? Pourquoi pas, mais quel nom donner aux produits ? Pardon, je me reprends : quel nom honnête ? Des protéines laitières pour la charcuterie ? Pourquoi pas, mais est-ce encore de la charcuterie ? Des fonds de sauce obtenus par cuisson, puis réduction de matières premières « naturelles » (viandes, légumes, produits de la mer) : pourquoi pas, si les conditions de conservation s'y prêtent.
Plus généralement, la tendance à plus de sécurité alimentaire ne peut être critiquée : ce serait idiot de le faire. En revanche, il faut de l'honnêteté, non ?
Ce qui pose problème, c'est que du « clean label » au « greenwashing » (ou écoblanchiment) ou, pire, au « naturewashing » (naturoblanchiment), il n’y a qu’un pas que certaines entreprises n’hésitent pas à faire. Le greenwashing est un procédé marketing que des entreprises utilisent pour se donner une image (seulement une image : ne confondons pas avec la réalité) écologique et responsable.
Toutefois l'objectif est toujours le même : « par ici mes belles oranges pas chêres ! ». L’objectif est de promouvoir une marque ou un produit en mettant en avant des pratiques écologiques qui ne sont guère significatives. Il faut bien reconnnaître qu'il s'agit de manipulation marketing, et de mascarade écologique. Le « naturewashing », c’est la mise en œuvre de stratégies de communication pour faire croire que les méthodes de fabrication sont « traditionnelles » ou « naturelles ». C'est détourner le mot « naturel » de sa signification.
Et, bien souvent, tout cela s'assortit de prix plus élevés : ne soyons pas naïfs !
Ces temps-ci, les services de marketing ont une nouvelle idée, celle du « clean label » : dans les listes d'ingrédients effectivement employés pour la fabrication des produits alimentaires, ils cherchent à éviter les ingrédients que la réglementation a classés dans la liste des E : E pour « européen ». Il s'agit de ce que l'on nomme les "additifs". Comme il est interdit de ne pas signaler ces produits, certains industriels cherchent à ne pas employer les ingrédients de cette liste.
Et, comme on n'utilise pas ces ingrédients pour le plaisir, mais parce qu'ils ont des fonctions (épaissir, comme le fait la farine dans une sauce ; colorer comme le fait le safran dans une paëlla ; conserver, comme le vinaigre dans les cornichons...), ces industriels cherchent à remplacer les ingrédients en E par des ingrédients « naturels ».
Par exemple, le Centre technique de la conservation des produits agricoles (CTPCA) écrit que « la réduction des additifs est une attente des consommateurs pour des produits plus naturels ». En conséquence, il propose à ses adhérents de « substituer des additifs par des ingrédients naturels à fonctionnalité spécifique », tels l’huile de romarin ou l’extrait de céleri comme conservateurs, des anthocyanes des végétaux comme colorants naturels, des extraits de thé vert comme antioxydants...
C'est pur mensonge ! L'huile de romarin, que l'on extrait du romarin par une étape d'extraction, n'est pas plus naturelle que du dioxyde de soufre, que l'on obtiendrait en brûlant du soufre ramassé sur les flans d'un volcan, par exemple, et le sel, que l'on obtient dans des marais salants ou dans des mines, n'est pas moins ni plus naturel. D'ailleurs, comment mesurerait-on le degré de naturel ?
Et c'est ainsi que l'on en vient à parler, très mensongèrement, de « clean label » ! Par exemple, en février 2012, la revue P***s, qui donne une idée de l'industrie alimentaire, avait un article dont le titre était : « Salon CFIA : le plein de nouveautés clean label. »
Et c'est vrai que de nombreuses industries cherchent à « faire naturel »... notamment afin de communiquer sur ce thème ! Considérons, par exemple, les farines « fonctionnelles » du groupe L***n obtenues par traitement des farines de blé par la chaleur : certes, on obtient ainsi de bonnes capacités de liaison et de texturation, mais on ne me fera pas croire que ces farines sont « naturelles » ! D'ailleurs, le blé est une plante très artificielle, qui a été obtenue après de longs siècles de sélection (artificielle, donc). Et la farine a été obtenue après (1) culture ; (2) récolte ; (3) mouture : naturelle ? Non, au moins trois fois non !
Dans la pratique, que l'on me comprenne bien, je n'ai rien contre ces farines fonctionnelles, ou d'autres produits du même type, mais le remplacement des additifs classiques (amidons chimiquement modifiés, hydrocolloïdes) par ces farines n'est-il pas pure communication ?
Et puis, méfions-nous des solutions « vertes » : je suis heureux de faire état d'un appel à l'aide, hier, par une journaliste dont le plafond puait, parce qu'il avait été peint avec une peinture « verte », à la caséine : dans un endroit un peu humide, les micro-organismes qui se trouvent dans les bonnes conditions de température faisaient pourrir la peinture (je lui ai recommandé de poncer, de traiter à l'eau de Javel, et de repeindre avec une bonne peinture de synthèse... inventée précisément pour éviter ce genre de désagrément).
Des fibres de peau d’orange comme rétenteur et stabilisateur d’eau ? Pourquoi pas. Des fibres isolées du blé ou du lupin pour optimiser la texture de la viande hachée et des saucisses ? Pourquoi pas, mais quel nom donner aux produits ? Pardon, je me reprends : quel nom honnête ? Des protéines laitières pour la charcuterie ? Pourquoi pas, mais est-ce encore de la charcuterie ? Des fonds de sauce obtenus par cuisson, puis réduction de matières premières « naturelles » (viandes, légumes, produits de la mer) : pourquoi pas, si les conditions de conservation s'y prêtent.
Plus généralement, la tendance à plus de sécurité alimentaire ne peut être critiquée : ce serait idiot de le faire. En revanche, il faut de l'honnêteté, non ?
Ce qui pose problème, c'est que du « clean label » au « greenwashing » (ou écoblanchiment) ou, pire, au « naturewashing » (naturoblanchiment), il n’y a qu’un pas que certaines entreprises n’hésitent pas à faire. Le greenwashing est un procédé marketing que des entreprises utilisent pour se donner une image (seulement une image : ne confondons pas avec la réalité) écologique et responsable.
Toutefois l'objectif est toujours le même : « par ici mes belles oranges pas chêres ! ». L’objectif est de promouvoir une marque ou un produit en mettant en avant des pratiques écologiques qui ne sont guère significatives. Il faut bien reconnnaître qu'il s'agit de manipulation marketing, et de mascarade écologique. Le « naturewashing », c’est la mise en œuvre de stratégies de communication pour faire croire que les méthodes de fabrication sont « traditionnelles » ou « naturelles ». C'est détourner le mot « naturel » de sa signification.
Et, bien souvent, tout cela s'assortit de prix plus élevés : ne soyons pas naïfs !
samedi 14 décembre 2013
Vive Rabelais !
Chers Amis,
tout d'abord, mon fils Wolfgang m'a envoyé un lien absolument merveilleux, que je vous offre : http://vimeo.com/50237219 !
ensuite, je vous promets un bon moment à suivre mes échanges sur le blog Scilogs
Tout cela est évidemment politiquement incorrect : quel bonheur ! Assez des béni oui oui et des pisse vinaigre, disait notre bon Rabelais
tout d'abord, mon fils Wolfgang m'a envoyé un lien absolument merveilleux, que je vous offre : http://vimeo.com/50237219 !
ensuite, je vous promets un bon moment à suivre mes échanges sur le blog Scilogs
Tout cela est évidemment politiquement incorrect : quel bonheur ! Assez des béni oui oui et des pisse vinaigre, disait notre bon Rabelais
dimanche 8 décembre 2013
8 décembre 2013 : Le goût et ses modalités
J'y
reviens, parce que l'on m'a offert un livre sur les épices. J'en
tairai le titre et les auteurs, parce que je ne veux pas faire la
promotion d'un livre que je vais critiquer, et que je ne veux pas
attrister les auteurs du livre, qui sont des personnes amicales.
Le
livre contient des recettes, mais il est fondé sur une idée très
fausse, à savoir une confusion entre goût et saveur. En soi, ce
n'est pas grave, mais n'est-ce pas une obligation de personnes qui
veulent rayonner que de proposer de la bonne « qualité » ?
En réalité, il faut quand même considérer que les auteurs sont
marchands d'épices, et que leur livre est, d'une façon ou d'une
autre, une propagande commerciale.
Mais
passons.
La
question est surtout que ces auteurs confondent goût, odeur, saveur,
arôme... Et leur livre est une voix de plus dans la cacophonie. J'y
vois plus positivement une possibilité de redire des choses simples
et justes.
Observons
tout d'abord que Brillat-Savarin confondait goût et saveur, mais que
cet homme était un avocat, qui ne connaissait donc pas la science.
Ne lui attribuons donc pas des connaissances qu'il n'avait pas !
Vers
1282, on nommait « goût » le « sens par lequel on
discerne les saveurs » (Gouvernement des rois, 30, 32). A
l'époque régnait donc la confusion. Et ce n'est donc pas dans
l'histoire que l'on peut trouver sans effort supplémentaire une
justification des définitions à retenir. Ce qui est clair,
toutefois, c'est que l'on ne dira pas que l'on a de la saveur pour
quelque chose, mais du goût pour cette chose. Le goût est donc
quelque chose de plus général que la saveur, et voilà pourquoi les
spécialistes de physiologie, depuis déjà longtemps, ont décidé
de considérer le goût comme la sensation synthétique que l'on a en
mangeant un aliment.
Pour
résumer ce premier point : le goût est la sensation
synthétique que l'on a quand on met un aliment en bouche.
Poursuivons,
maintenant : le goût, sensation synthétique, est fondé sur
des perceptions différentes, à savoir :
- la saveur : par les récepteurs des papilles, qui devraient donc plutôt être nommées papilles sapictives
- l'odeur, anténasale (quand l'aliment arrive à la bouche, passant devant le nez, où il libère des molécules qui sont « odorantes », puisqu'elles ont la capacité de se lier à des récepteurs olfactifs, directement ou non
- l'odeur rétronasale, quand des molécules odorantes remontent vers le nez par les fosses rétronasales, à l'arrière de la bouche
- des sensations trigéminales (piquants, frais...), quand des molécules se lient à des récepteurs spécifiques du nerf trijumeau
- des sensations thermiques
- des sensations tactiles (la consistance des aliments est perçue lors de la mastication, et donne lieu à la sensation de texture)
- etc.
Pourquoi
« etc. » ? Parce que l'inventaire ne semble pas être
complet : on a découvert il y a moins de vingt ans que des
acides gras insaturés à longue chaîne avaient des récepteurs
spécifiques, dans les papilles, et que la sensation donnée par
cette interaction n'était pas une saveur, mais de nature différente.
Enfin,
terminons ce billet en signalant que la théorie des 4 saveurs (salé,
sucré, acide, amer) est connue fausse depuis des décennies par les
physiologistes et tous ceux qui se renseignent un peu, au lieu de
répéter paresseusement des choses fausses : la réglisse n'est
ni salée, ni acide, ni amère, ni sucrée, mais réglisse ;
l'éthanol a une saveur particulière, tout comme le bicarbonate,
tout comme... mille composés. Et l' « umami » est
un vaste baratin, mais je vous renvoie à un billet antérieur, sur
ce point particulier.
Je
reviens donc au livre... qui inverse les mots pour « saveur »
et « goût » ! Non, la saveur N'EST PAS la sensation
donnée par les odeurs ! Non, le goût N'EST PAS la sensation
ressentie par les papilles ! Non, notre langue ne reconnaît pas
six goûts, donc le piquant serait l'un d'entre eux (à quoi sert que
les physiologistes travaillent, pour que des ignorants publient des
erreurs réfutées il y a plus de 50 ans?).
Finalement,
faut-il instaurer un « permis d'écrire des livres » ?
Je ne le crois pas, pour mille raisons qu'il serait trop long de
discuter ici, mais quel dommage que la données des références de
ce livre risque d'en faire une publicité imméritée !
dimanche 17 novembre 2013
N'oublions pas que les élus doivent se penser en représentants, pas plus !
Lors
d'un colloque, où étaient discutées notamment des questions
touchant à la science et à la politique, j'ai entendu un orateur
débattre de la question de l'intersection éventuelle de la
« sphère de la science et de la sphère du politique ».
Jusque là, rien de bien particulier. Toutefois, j'ai été choqué,
par la suite de l'interventin de notre homme, parce que, à un
certain point de son exposé, il mettait en avant un troisième
élément : la sphère du public.
Quoi ?
Il y a aurait donc la sphère du public, la sphère de la science, la
sphère du politique. Cela signifierait-il que l'on en arrive à
imaginer que le politique soit distinct du public ? A ma
connaissance, les élus sont les représentants du peuple, et rien
d'autre. De sorte qu'il ne peut y avoir de sphère du politique
distincte de la sphère de la science, sauf à considérer que le
monde politique est devenu autonome, au lieu de n'être que les
ambassadeurs du public.
C'est
donc une idée tout à fait détestable, que je propose de combattre
vigoureusement.
D'ailleurs,
à la réflexion, la science est une activité, et l'on devrait
s'interroger sur la signification de cette expression « la
sphère de la science ». Mettons de côté une interprétation
qui partirait de l'expression fautive « la sphère
scientifique » : la science, en tant qu'activité, n'a pas
de voix au débat politique, ou sur les applications des sciences, ou
encore sur la gouvernance de la recherche scientifique, et notre
orateur aurait donc dû plus justement parler de la « sphère
des scientifiques ».
Une
question se pose alors : les scientifiques sont-ils différents
du public ? Je propose de ne pas traiter cette question
maintenant, bien qu'elle soit importante, puisque nous voyons bien
dans nos travaux scientifiques, combien nos a priori, nos
préjugés, nous bloquent dans la recherche de connaissances
nouvelles, les dogmes s'imposent à nous, et il est souvent bien
difficile de les renverser, d'une part parce que cela ne peut se
faire souvent que sur la base d'un travail scientifique considérable,
et, d'autre part, parce qu'il y a un certain confort intellectuel à
accepter les dogmes, lesquels sont des cadres dans notre pensée.
Mais
c'est là une autre histoire, et je veux seulement conclure en
répétant que les mots les plus chatoyants méritent d'être
interrogés, analysés, décortiqués...
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